Rap made in Palestine

RFM. Ce sont les initiales des trois membres de ce groupe de rap né en 2003 à Gaza et formé de Ramy Bkheit (20 ans), Faisal al-Manchawy (23 ans) et Mohammad al-Najjar (24 ans). Ils sont finalistes du premier Prix RMC Moyen-Orient Musique, destiné à promouvoir les nouveaux talents des pays méditerranéens du Maghreb et du Proche-Orient. Pour la finale, qui aura lieu au festival de Jérash (Jordanie) le 27 juillet, ils seront aux côtés d’Amel Mathlouthi (Tunisie) et de Lena Chamamyan et Basel Rajoub (Syrie). « Nous avons reçu de nombreuses candidatures de groupes de rap, surtout d’Algérie et de Tunisie. Pour nous, RFM est le meilleur.

Ces rappeurs évoquent la société palestinienne et la situation politique de leur pays, toujours avec humour. Leur enregistrement est de bonne qualité, malgré leur peu de moyens, et leur production, très simple, est cohérente », explique Hanna Marcos, le responsable du Prix.

Les trois étudiants viennent de sortir leur premier album, Achan Hek (« C’est comme ça ») : quatorze titres, mixant habilement boucles de musique arabe et beat occidentaux. Dans la chanson patriotique « Nous sommes fiers », ils parlent des traditions, des martyrs et des prisonniers palestiniens. Ils dénoncent l’occupation ?(« La Palestine »), regrettent que le monde « se foute » de l’Irak et de leur pays (« Les Causes oubliées ») et exhortent les Arabes à « se réveiller » ! Dans le titre éponyme, « C’est comme ça », ils expliquent pourquoi ils ont choisi de chanter en arabe, alors que le rap palestinien a d’abord éclos en Israël où des groupes comme DAM, le plus connu, chantent en arabe et en hébreu. Ils parlent aussi d’amitié et d’amour (« Tu ne m’aimes pas »), évoquent « La Jalousie » (celle des hommes envers les femmes) et chantent un hymne à la mère qui souffre de voir ses enfants privés de leur liberté.


Dans la très conservatrice bande de Gaza, le rap n’est pas toujours très apprécié, notamment par les sympathisants du Hamas (qui ont déjà caillassé des chanteurs), mais RFM a sa petite réputation et peut rassembler quelque 700 personnes pour un concert. Alors que la moitié de la population palestinienne a moins de 18 ans, ses messages prennent une résonance particulière. « C’est le seul moyen de parler aux jeunes qui vont construire l’État palestinien », explique Ramy. Lui et ses amis ont choisi le micro, pas les pierres. Avec les rappeurs made in Palestine, l’engagement est total mais l’Intifada est musicale.

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